CYBERSOFT 2053

Cybersoft 2053 portait un nom différent lors de sa 1ère publication au sein d’un « fanzine » d’entreprise entre 2001 & 2002 appellé Whouazzzzaaaaa, monté avec quelques camarades de l’époque! En retombant dessus il n’y a pas longtemps, je me suis dit « mince c’est quand même du bon tout ça... »

D’où cette réédition, qui a commencé au sein de gotonair , publiant un épisode par semaine. Puis avec la migration vers l’hébergeur WordPress, Cybersoft a reçu lui aussi un petit lifting.

Le présent site a pour but de publier intégralement la nouvelle Cybersoft 2053, en respectant la chronologie des chapitres, pour en faciliter la lecture.

Un peu SF un peu Thriller, les noms originaux ont été modifiés, pour que « toute ressemblance etc…. »
Alors bonne lecture et entrez dans la spirale infernale de Cybersoft 2053

G.o.T

Cybersoft 2053 – Episode I – A question of Time

8h, comme tous les matins j’arrivais de bonne heure sur le parking de Cybersoft, pouvant ainsi garer mon aérojet tranquillement en face de l’entrée, la foule n’arrivant qu’une demi-heure après…

Le champ électromagnétique était activé empêchant l’accès à la société, et seul JC42 faisait le pied de grue sur les marches.
En attendant l’ouverture automatique du champ de force, nous décidâmes de sucer ensemble une pastille ‘light » à la nicotine,  histoire de tuer le temps.

<JC42> t’en as pas marre de rouler avec une vieillerie pareille, les nouveaux modèles à énergie inductive sont quand même vachement plus sympa
<Moi> tu sais je suis un nostalgique, même si les moteurs atomiques sont obsolètes, ils ont quand  même plus de pêche !!!
<JC42> mouai, fais gaffe, tu vas finir par faire de la « tôle » à rouler au dessus de 42 km/h réglementaires !!!

1/2 heures plus tard, nous accédions enfin à nos bureaux…
Une pastille de nicotine accompagnée d’une autre au café, et la journée pouvait commencer…
Je passais mes lunettes écran/écouteurs et branchais mon clavier à commandes nerveuses à l’interface greffée à cet effet au niveau de l’avant-bras droit, et commençais à répondre aux messages « fluxés » dans la nuit par notre serveur Helpdesk.
En 10 minutes, j’avais épuisé les 452 incidents, en mettant en relation les différentes demandes clients avec les robots de résolutions automatiques, qui prendraient la main via le « flux » sur les machines ayant des problèmes, et appliqueraient les modifications que j’avais préconisées. Du bon boulot tout ça !

Mais un incident continuait à clignoter, un appel client passé il y a déjà 3 jours …
Intrigué par cet appel non résolu (la moyenne de traitement pour un incident étant de 4,05 minutes) je décidais d’en savoir un peu plus. Le message venait du Musée des Technologies Primitives, mais était en texte pur, sans auto-analyse tridimensionnelle du matériel en panne, ni descriptif sérialisé du constructeur. Sans ces informations élémentaires, bien évidemment personne n’avait trouvé opportun de traiter l’incident!

Est ce par jeu ou juste par curiosité, je me décidais d’essayer malgré le manque d’information…
Le problème semblait simple, le client avait juste un soucis de démarrage ou configuration sur un « PC« , et nous avait envoyé un paquet contenant le matériel à dépanner…

Bon, j’étais pas dans la « mouise », je n’avais rien compris au message, « PC« , « boot de démarrage », autant de termes scientifiques que je ne connaissais pas… Après recherche dans les différentes bases d’informations, je trouvais enfin quelques pistes dans la rubrique « siècle dernier », mais les schémas de description ne m’avançaient guère plus.
Je décidais d’aller chercher le paquet à la réception, au moins je verrai bien à quoi cela ressemble  un « PC » !!!

Je pris un « rapide » qui m’amena en, 10 secondes du 96 ème niveau à la réception du sous-sol 14, effectivement le colis était bien arrivé depuis 3 jours.

Un fois remonté à mon bureau, je l’ouvris, et découvris un objet blanc cassé, de la taille d’une interface scalaire de deuxième niveau, où l’on pouvait lire difficilement les lettrs effacées par le temps « DELL« , marrant comme la marque de console de jeux neo-addictive!  Retournant l’objet, je pus lire la date de fabrication, 2007… merde, ce bout de plastique était plus vieux que moi de 26 ans !!!
Je recherchais dans les bases d’archives des références sur l’objet, mais rien…normal, les BGMS (Bases Globalistes Mondiales du Savoir) étaient nées avec les réseaux fluxiens, après 2012 …

Une seule solution, je devais descendre aux  « Archives » du 47ème sous-sol, il n’y avait que là bas où je pourrais trouver quelque chose.
D’aucun disait qu’on pouvait y trouver des archives « papiers » vieilles de 50 ans (ce qui aujourd’hui serait un crime depuis la loi de 2017 sur la protection des végétaux), des tas de trucs dont personne ne connaissait la signification, une empreinte du passé en quelque sorte… Et c’est exactement ce qu’il me fallait, un voyage au cœur du temps perdu…

Renseignements pris sur le trombino sociétaire, le gardien des « Archives » était un type bizarre (il n’y avait même pas sa 3d faciale ni son code génétique), et passer sa porte était des plus difficiles; il fallait lui offrir des trucs sucrés, bizarre après tous les tracs fluxiens depuis des années pour abolir la consommation du sucre au profit des biosacchalyses de synthèse!
Je fouillais le fond de mes tiroirs, et coup de chance il me restait des pilules goût « pain au chocolat »; mes « sésames » au fond de la poche, une copie du message et mon « PC » sous le bras,  je me dirigeais confiant vers le 47ème sous sol.

to be continued…

G.o.T

 

Cybersoft 2053 – Episode 2 – Ghost in the Machine

Tellement peu de gens fréquentaient les niveaux inférieurs au delà du 30ème sous sol , que les « rapides » n’avaient pas été prévus pour aller aussi bas; je dus donc prendre un monte-charge de service pour faire le reste de mon voyage jusqu’au -47; la lumière se faisait de plus en plus rare à mesure que je m’engouffrais dans les entrailles de Cybersoft, et malgré moi, l’angoisse me gagnait un peu. En effet, pas que je craignais de rencontrer alien pré-stellaire, on savait depuis plus de 20 ans qu’ils n’avaient pas pu pénétrer notre champs de force solaire, mais je n’avais prévenu personne de mon escapade dans les entrailles de Cybersoft, et je doutais que mon implant de localisation DNA ait assez de puissance pour être détecté si bas. Une simple panne d’ascenseur et je pouvais mourir ici, malgré mes pillules protéïniques et mes comprimés d’eau lyophilisée qui trainaient dans mes poches.

La secousse signifiant que j’étais arrivé me tira de mes angoisses. L’entrée des « Archives » était fermée d’une porte en acier, ancien vestige d’un passé révolu (toutes les portes ayant été remplacées par des champs de force depuis 2032, et sur le mur un écriteau aux couleurs délavées indiquait :

microsoft

Drôle de nom pour un centre d’archives…

La légende urbaine se plaisait à raconter qu’il y a quelques décennies, un groupe de cerveaux visionnaires avaient bâti Cybersoft, une société high-tech révolutionnant l’informatique en mariant la puissance des logiciels, des machines et des réseaux, en fusionnant leur sociétés respectives.
Le premier actuel PDG de Cybersoft et ancien du leader mondial de hardware, vivait en ermite au 287ème étage de la tour principale dans une bulle de verre sur-oxygénée, avec un service de sécurité digne d’un chef d’état; le second avait développé un moteur de recherche ultra puissant vers la fin du 20ème siècle qui serait à l’origine des réseaux « fluxiens » actuels. Il aurait connecté son cerveau à la matrice centrale gérant le « flux » mondial, devenant un homme mi-humain mi cybernétique. Le dernier ancien patron d’une énorme société de logiciels aurait disparu mystérieusement il y a 40 ans après la fusion.

Je frappai sans conviction, et contre toute attente, la porte s’ouvrit.
Le gardien, un homme sans age à la barbe blanche, se tenait devant moi, s’appuyant sur une canne en bois.
« tu t’es perdu fiston » ?!!

Sans répondre je lui tendis les pastilles goût « pain au chocolat » et comme une illumination sur son visage, il découvris dans un sourire ses dents gâtées par les sucreries.
– « entre mon gars, c’est pas souvent que j’ai des visites de la surface !!! »

La pièce était un amas de vieilleries poussiéreuses, de dossiers « papier » s’empilant pêle-mêle, de matériels clignotants qui faisaient un bruit de soufflerie, de câbles courants de part et d’autre, de machines éventrées dont la fonction m’échappait; au fond une pièce renfermait un lit de camp avec à coté un bocal où nageait un poisson rouge (qui semblait ne pas être cybernétique)… comment pouvait on vivre dans un tel taudis !!!

– Alors, t’es juste venu voir si je n’étais pas une légende, ou t’as quelque chose à me demander ??

Sans rien dire, je lui tendis la copie du message, et le « PC » que nous avions reçu.
Il lu le message tridimensionnel, et un rire caverneux sortie de sa bouche à demi édentée…
Il se rua ce qui lui servait de bureau, et sorti d’un tiroir des objets aussi bizarre et de la même couleur beige que le « PC » que je lui avait donné; voyant mon air ébahit, il me lança :
– et bien fiston, on dirait bien que c’est la première fois de ta vie que tu vois un écran et un clavier…

Tout en suivant les instructions du message (que je n’avais pas pu interpréter) et sans regarder ce qu’il disait être un « écran« , il fis jouer ses mains séchées par les ages sur l’étrange rectangle où des lettres alphanumériques étaient gravées…
Quelques minutes plus tard, il renversa son fauteuil en arrière, se tourna vers moi, un air d’autosatisfaction illuminait son visage.
– c’est rien de bien méchant, ce satané « micro » avait simplement perdu sa config de boot… je lui ai remis sur pieds, et j’en ai profité pour releaser le bios et appliquer les derniers patchs de 2010 … tu peux le rendre au Musée… et passe le bonjour à ce vieux roublard de conservateur !!!

je n’avais rien compris de tout ce qu’il venait de dire…
Il remis le « PC » dans sa boite, me le donna, et me serra la main en me poussant gentiment dehors.

Je remontai abasourdi dans l’ascenseur de service qui me conduisit au niveau –30, là je récupérai machinalement un « rapide » qui me mena à mon bureau niveau 96.

Je m’asseyai épuisé en prenant une pastille de nicotine histoire de me détendre, et repassai les évènements de la journée, essayant de me souvenir de cette sorte de rêve vaporeux et irréel…

Je m’aperçu alors que je tenais un bout de carton bleu, le gardien en me quittant avait dû me le glisser au creux de ma main sans que je m’en aperçoive …
Je le retournais, et je pus lire :

Microsoft
Bill Gates
PDG  & Fondateur


to be continued…

G.o.T

 

Cybersoft 2053 – Episode 3- Agent Orange

11h14, maudis réveil qui n’avait pas sonné assez fort…

J’arrivai en retard pour la première fois depuis longtemps, mon chef allait sûrement me passer un savon,  heureusement cela faisait plus de 5 ans que je travaillais chez Cybersoft, je m’en tirerai avec un blâme une retenue sur salaire, mais je ne perdrai probablement pas mon job ni mes avantages sociaux.

Les événements de la veille m’avaient tenus éveillés tard dans la nuit, allongé, tournant et retournant le bout de carton bleuté entre mes doigts, je n’arrêtais pas de me repasser cette étrange journée.

L’homme que j’avais rencontré était il le 3ème associé disparu mystérieusement il y a 40 ans ?
Pourquoi vivait il en reclus  au fond d’un sous-sol abandonné ? Qu’y faisait il ?
Autant de questions qui, à force d’y penser, avaient eu raison de mon insomnie.
Mon sommeil avait été agité, j’avais eu de la fièvre (mes draps étaient trempés), et des cauchemars n’avaient cessé de me tourmenter, surement à cause de ce Rhum de synthèse bon marché dont j’avais un peu abusé tout en réfléchisant.

J’arrivai ventre à terre dans le couloir qui desservait mon bureau, aïe, mon chef était déjà devant ma porte. En arrivant à sa hauteur je m’empressai de lui lancer
–    « désolé chef, j’étais toute la nuit au chevet de ma mère et… »
Mais qu’est ce qu’il m’arrivait, j’étais en train de lui mentir… ça ne m’étais jamais arrivé !!!

Il mis juste un doigt sur sa bouche en signe de silence, puis le pointa sur l’entrée de mon bureau…
Trois hommes habillés de noir étaient à l’intérieur, mes tiroirs étaient éventrés, tous mes dossiers éparpillés par terre, et l’un d’eux essayait d’entrer dans mon Virtua-Pod.
–    « c’est quoi ce bazar ??? Qui êtes vous ?! » (lançai-je)
–    « la ferme et donne nous ta clef d’authentification !!! »
–    « vous savez comme moi que les spatio-plans sont juridiquement propriété personnelle, il est donc hors de question que je vous donne ma clef d’accès, de plus à des étrangers qui saccagent mon bureau, je vais de ce pas appeler la sécurité… »

L’un d’eux me sorti alors son hologramme d’identité :
CyberSoft
Agent Orange
Sécurité des Affaires Internes

Merde, j’avais les « bœufs carottes » sur le dos, mon chef toujours aussi « téméraire » tourna vivement les talons pendant que deux des colosses m’emmenèrent vigoureusement vers un « rapide » rouge dont l’accès n’est autorisé qu’à de très rares personnes.
Les portes se refermèrent sur nous et ma solitude, j’avais l’intime conviction que je ne reverrais plus jamais le niveau 96, ni mon bureau, et que mes ennuis ne faisaient que commencer…

Etage 298, après une suite interminable de couloirs et de sas fortement gardés, nous arrivâmes dans une petite pièce carrelée où l’on m’obligea à me déshabiller et à prendre une douche dont l’eau fortement chlorée me brûlait les yeux.
Puis dans mon plus simple appareil, on me fit une injection d’un liquide vert et me fit entrer dans un vaste bureau dont la blancheur m’éblouissait.

Mes deux colosses m’encadraient toujours, leur nudité laissait apparaître une multitude d’implants cybernétiques, d’où le nom familier de « Robocop » que leurs avaient donnés les bruits de couloirs en clin d’oeil à un vieux film du siècle dernier.
Après quelques minutes, je commençais à m’habituer à la forte lumière, et pu distinguer le mobilier en fibro-verre transparent, le sol en moquette blanche d’où émanait une agréable chaleur, les murs blancs également d’où rayonnait cette lumière aveuglante.

L’éclairage se fit plus laiteux, plongeant la pièce dans une semi-obscurité, et d’un mur, une porte se dessina, un personnage assis dans un fauteuil de verre en sorti, je connaissais bien ce visage, qui ne le connaissait pas !
Mon cas n’allait pas en s’arrangeant…

to be continued…

G.o.T


Cybersoft – Episode 4 – Master of Puppets

Bien que je n’arrivais pas à le distinguer parfaitement, ces cheveux étaient d’un blanc écarlate, il semblait très mince et élancé, son visage était très fin, il devait avoir la cinquantaine passée, mais sa peau luisait légèrement, était elle synthétique ??

Cela expliquerait la douche et le reste, il paraît que la peau de synthèse ne possède pas de défenses immunitaires…

– « désolé pour ce protocole sanitaire, mais je suis très à cheval sur l’hygiène, je me présente, Monsieur K, PDG de Cybersoft… »
Le grand patron en personne, j’avais bien reconnu son visage qui était sur toutes les pubs holomenmoniques, ça n’arrangeait pas mes affaires, qu’avais je bien pu faire pour avoir droit au sermon suprême ?!

–    « n’ayez peur mon jeune ami, mes hommes sont un peu rudes, mais ils sont un peu trop perfectionnistes, Monsieur Orange, Monsieur Rouge, veuillez nous laisser je vous pris… »

Sa voix était aiguë mais douce, à la fois ferme et apaisante,  hypnotique.
–    « d’après votre dossier, cela fait 5 ans que vous travaillez pour nous, de nombreux diplômes, de bonnes appréciations de vos supérieurs… je lis consciencieux, travailleur, discret un peu trop même… a fait une demande de mutation au service des réseaux fluxiens…pourquoi ? »
–    « je pense qu’aux vues de mes certificats, je pourrai apporter de bonnes compétences à ce service, et le flux me passionne…mais ma demande a déjà échouée… par 3 fois »

un silence …
–    « Hum…j’ai appris également que vous avez récemment eu des problèmes à résoudre un appel au Helpdesk ??!! »
–    « (Tiens pourquoi ce détail ?effectivement monsieur, cela concernait un matériel obsolète de plus de 40 ans, mais j’ai réussi à trouver une solution » (où voulait-il en venir ??)

encore un silence…
–    « ce qui vous a fait absenter une demi-journée il me semble, pour aller où ?? »
–    « je suis allé me documenter, monsieur » (ça y est on y vient…)

un nouveau silence…
–    « et plus précisément ?… »
–    « je suis allé au centre de documentation des ancinnes technologies, prendre certaines informations, là bas on m’a conseiller de faire un tour aux Archives du 47ème sous-sol, si je ne trouvais pas la solution »

silence…
–     » et vous y êtes allé ? vous savez qu’il faut une autorisation spéciale !! »
–    « effectivement, mais le problème semblait urgent, donc j’y suis descendu…sans autorisation car mon supérieur était dans son heure de déjeuner et ne revenait pas malgré l’heure tardive (tiens prends ça au passage froussard de Bayard) »

nouveau silence…
–    « et… que c’est-il passé ?? »
–    « rien monsieur, la porte était close, et j’ai fait demi tour, je me suis débrouillé avec la documentation que j’avais trouvée, j’ai eu du mal vu l’ancienneté du produit, mais je pense avoir trouvé la solution… » (je mentais, mais j’avais le sentiment qu’en lui avouant ma rencontre avec le gardien des archives, quelque chose de terrible m’arriverait !)

3 ou 4 minutes de silence s’écoulèrent, interminables…
–     » très bien, j’aime les gens plein d’initiative, je vous remercie pour votre temps, on vous tiendra au courant pour votre mutation… Au revoir… »

Il me congédia, et je repassai dans la petite pièce voisine me rhabiller.
Je ne sais pas s’il m’avait cru, et il fallait que je me taille d’ici au plus vite; j’avais été très mal à l’aise pendant l’entretien, surtout pendant les silences, comme si nous n’étions pas seuls…

–    « qu’en pensez vous Monsieur K ?? » (fit une voix dans l’ombre)
–    « je ne sais pas, ce garçon me semble inoffensif »
–    « il ment !!! il se doute de quelque chose, ses ondes mentales l’ont trahi, j’espère que vous allez renforcer la sécurité, le passé ne doit plus avoir lieu d’être !!! »
–    « mais Maître, il n’est pas un danger, et c’était notre ami… »
–    « j’en débattrai au prochain conseil de L’Axe, en attendant, retirez moi de la circulation ce jeune inconscient, je ne voudrais pas que son histoire s’ébruite ou qu’il s’active trop tôt »
–    « oui, ce sera fait … »
–    « que ça est l’air d’un accident, et mettez le au frais… »
–    « oui Monsieur K … »

to be continued…

G.o.T

 

Cybersoft – Episode 5 – The Great Escape

Je descendais dans le « rapide » rouge accompagné de l’Agent Orange, les étages défilaient inlassablement, je décompressais lentement quand un grésillement me sorti de ma torpeur, l’oreillette de mon « garde du corps » semblait lui donner des instructions qu’il acquiesçait de mouvements de la tête en me regardant fixement.

Le niveau 96 passa, mais le « rapide » continua…

Le « rapide » fonçait vers les sous-sols de Cybersoft, un mauvais pressentiment me gagna…

La porte s’ouvrit enfin, l’Agent Orange sorti le premier, puis me fit volte-face, un traqueur à fusion à la main…
Sans réfléchir je lui balançai mon pied en travers du genou, une grimace de douleur taillada son visage tandis qu’il s’écroulait au sol, les portes se refermèrent et j’appuyai en hâte sur le dernier bouton, direction le 30ème sous-sol.
Une fois au niveau –30, je courus le long des couloirs pour prendre l’ascenseur de service, direction les Archives
La porte était close, et je tambourinai rageusement quand enfin elle s’ouvrit; poussant le gardien je me précipitai rapidement à l’intérieur..
–    « ils sont après moi, avec des flingues, je ne sais pas pourquoi, mais il semble que notre entrevue d’hier les a mis en rogne !!!  »
–    « raconte moi tout, je vais voir ce que je peux faire fiston !!? »

Je lui racontai en détails ma rencontre avec le PDG, puis ma bagarre avec l’Agent Orange

–    « tu t’es mis dans de sales draps, je les connais bien et ils ne vont pas lâcher prise; tu vois  il y a une quarantaine d’années, quand… »

A ce moment on cogna violemment à la porte…
–    « Sécurité Cybersoft, ouvrez ou nous défonçons la porte !!! »

Le gardien griffonna quelques lignes sur un papier, le plia et me le remis…
–    « écoute attentivement, la clef c’est Devlin, retrouve Devlin, dis lui ce qui se passe, et qu’il est temps de se réveiller, il comprendra.. Mais pour ça il te faut de l’aide, sur le papier je t’ai marqué une adresse et un nom. Trouve le, c’est dans les bas-fonds, c’est dangereux, et je te préviens tu viens de mettre le doigt dans un engrenage, mais de toute façon tu n’a plus le choix !!! »

Les bruits de l’autre coté de la porte avaient cessé…
-« Viens dépêche toi !!! derrière ces cartons il y a une trappe dissimulée. Prends cette lampe, suis le conduit jusqu’aux égouts, puis remonte le courant jusqu’à la grille. Plonge dessous, il y a un passage et tu seras à l’air libre. C’est par là que je passe qu’en je veux sortir de cette prison !!! Vite, entre là dedans, la porte d’entrée est blindée mais elle ne résistera pas longtemps »

J’eu juste le temps de lui dire merci, il me donna une tape sur les fesses.
Tandis qu’il refermait la trappe derrière moi, j’entendis une explosion qui avait du faire voler en éclats la porte des Archives …

Je continuai à m’enfoncer sans bruit dans le long boyau étroit juste éclairé par ma lanterne de fortune, l’obscurité se refermait sur mon passage, et le tumulte derrière moi paraissait de plus en plus lointain…

G.o.T

 

Cybersoft 2053 – Episode 6 – Knockin’ on Heaven’s Door

Trois jours que je n’avais ni mangé ni dormis; je me sentais sale, et mes vêtements étaient encore humides de mon passage dans les égouts … mais j’étais vivant, pour le moment.

J’avais été obligé de me cacher, car en essayant de rejoindre mon appartement, j’avais aperçu la Milice Municipale qui avait investi mon immeuble. Elle posait un tas de questions à mon sujet. Impossible donc de me glisser chez moi sans alerter le gardien, et comme il ne me portait pas dans son cœur, il se ferait un malin plaisir de me donner pour une poignée de Crédits.

Je me dirigeai alors vers Vénus-Ville, le quartier « chaud » où régnait prostitution, drogue, mais où l’on trouvait aussi les derniers établissements qui servaient une nourriture « naturelle ». C’est l’adresse d’un de ces établissements que le gardien des Archives avait griffonné sur le bout de papier, et sur la devanture on pouvait lire « Fast Food de la Dernière Chance ».
Ca avait l’air prémonitoire…Je poussai la porte et entrai.

Une fumée noyait la minuscule salle dans un épais brouillard.
Sur la droite, perchée sur un tabouret une prostituée aux cheveux rouges d’à peine 16 ans à la mini-jupe en plastique transparente sirotait à la paille un breuvage verdâtre.
A une table un clodo cuvait son vin et ronflait,  derrière le comptoir , le barman, un jeune homme qui astiquait ses verres fumait, bien que je n’en avais jamais vu, ce que je pensai être une cigarette.
– « on vous sert quelque chose ?? » me lança-t-il
– « je suis à la recherche de quelqu’un, une certaine Carole »
– « ici on sert plein de gens toute la journée, mais j’ai jamais entendu ce nom là… »
– « je dois à tout prix parler à cette dame » et je plongeai ma main dans ma poche intérieure pour en tirer le bout de papier écris par le gardien.
Je n’eu pas le temps de comprendre ce qui c’était passé, mais en un instant je me retrouvai avec trois armes pointées sur la tête, celle du barman, celle de la call-girl, et celle du pochetron qui faisait en fait semblant de dormir.
– « reste calme mon chou, et montre nous tes mains…tout doucement » me lança la gamine.
Je posai lentement mes mains sur le comptoir, et montrai le message écrit en hâte.
–  » j’ai de gros ennuis, et je cherche cette femme, elle seule peut m’aider »
–  » qui t’a donné cette adresse ??? » me demanda le barman, après avoir lu le papier, tout en posant son Plasma-Gun entre mes deux yeux.
– « un vieil homme qui bosse chez nous, à Cybersoft, un certain Bill, je l’ai rencontré par erreur il y a 5 jours, et cela ne m’a attiré que des problèmes depuis !!! »
L’atmosphère était pesante, personne ne disait plus rien, et je pressentais la fin de mon aventure. De toute façon j’étais à bout de force, je fermai les yeux et pris une ample respiration…
– « baissez vos armes les enfants, tu aurais dû commencer par là mon garçon » fit une voix dans la pénombre.
– « suis moi, nous serons plus à l’aise pour discuter dans l’arrière salle »

Je suivis l’ombre, empruntant un escalier en colimaçon qui descendait jusqu’à une cave voûtée, il fallait croire que j’étais destiné à passer le reste de ma vie dans des sous-sols…
La pièce était éclairée par de nombreuses bougies, une odeur d’encens se dégageait de petits bâtonnets qui se consumaient lentement.
Quatre fauteuils en cuir rondouillards encadraient une table basse en osier; mon hôte d’un geste m’invita à m’asseoir, et prit le siège d’en face.

Je pu voir enfin son visage.
C’était une vieille femme aux traits tirés, ses longs cheveux gris étaient noués en tresses, elle me souriait et son sourire avait quelque chose d’apaisant.
–  » c’est moi que tu cherches mon garçon. A la vue des tes vêtements tu ne dois pas souvent fréquenter les bas-quartiers, alors dis moi pourquoi tu veux me rencontrer, et donne moi des nouvelles de ce vieux Bill »
Je lui racontai toute mon histoire, ma rencontre avec le gardien des Archives, la fouille de mon bureau, mon entretien avec le PDG de CyberSoft, la tentative d’assassinat manqué de l’Agent Orange, ma fuite par les égouts, la surveillance de mon appartement et mon périple pour arriver à Vénus-Ville.
– « Voilà  tout ce qui c’est passé; tout ce que je sais c’est que le votre ami Max doit être aux mains des agents de Cybersoft à l’heure qu’il est, et que je dois retrouver d’après lui un certain Boris, qui est le clef de l’énigme … »
– « Cela me semble improbable ?’! Je ne pense pas que je te sois d’aucune aide !! »
– « Pourquoi, vous ne le connaissez pas ? »
– « Si, mais le seul Boris que je connaisse …est mort … et il y a de cela bien longtemps !! » elle prit sa tête entre ses mains et se mit à pleurer…

Après un long moment, elle essuya enfin ses larmes, se leva, et vint s’asseoir près de moi. Elle prit alors mes mains dans les siennes asséchées par le temps et me dit …
–  » mais laisse moi te raconter une histoire, une histoire vieille de 40 longues années… »

to be continued…

G.o.T